A10 Gratuite

Dans la situation actuelle il y a ceux qui souffrent et ceux qui profitent

Septembre 2026

En raison de la canicule, notre action au péage prévue le 25 juin a été reportée ce 15 septembre. Ce fut un moment important qui nous permet de rencontrer les usagers qui sont au cœur de notre combat. Ce fut un succès par l’accueil reçu auprès de ceux qui rentraient de leur travail en acquittant, comme chaque jour, un péage inique.

Dans le tract distribué nous leur rendions compte de notre récent rendez-vous au ministère des transports ainsi que des perspectives contenues dans la loi cadre sur les transports adoptée par le Sénat (voir édito de mai).

Cette loi, calquée sur les propositions gouvernementales, ne correspond ni aux besoins des territoires et de leurs populations, ni à l’urgence de l’action contre le réchauffement climatique et à la sauvegarde de l’environnement.

Les évènements climatiques de cet été ne doivent pas être oubliés aussitôt passés, car ils se reproduiront en raison de l’incurie dominante.

 Les transports contribuent pour une part très importante à ces dérèglements environnementaux. Nous reviendrons prochainement sur cet aspect.

Outre ces questions, la rentrée se déroule dans un ciel extrêmement sombre, lourd de sacrifices pour ceux qui vivent, voire survivent de leur travail. Notamment pour ceux qui sont éloignés de leur lieu de travail et dépourvus de transports collectifs, comme c’est le cas pour les habitants des territoires périurbains des métropoles.

Ils sont de ceux qui paient les factures des fauteurs de guerre, de la déstabilisation de l’économie mondiale, de la rapacité des magnats du pétrole et des trusts pétroliers, des privilèges accordés aux nantis. Ils sont les victimes désignées des gouvernants.

En raison de l’indifférence de l’Etat et de sa volonté de maintenir taxes et profits, la France est le second pays européen pour le prix des carburants.

Le projet de budget 2026-2027 constitue une véritable agression pour nos populations.

Pendant ce temps les sociétés concessionnaires d’autoroutes continuent d’engranger des surprofits et de distribuer de somptueux dividendes.

C’est d’ailleurs dans ce contexte général que Cofiroute a, cet l’été, tenté de supprimer les abonnements historiques préférentiels au péage de Dourdan pour les nouveaux demandeurs. L’opération a eté menée en faisant disparaitre du site du concessionnaire l’accès direct à ces formules d’abonnements. Cette tentative a été mise en échec, mais il faudra dorénavant faire la demande par téléphone.

Contrairement à ce que l’on s’acharne à nous faire croire, il n’y a rien de fatal à cette grisaille ambiante.

C’est pourquoi nous poursuivons notre action pour maintenir ce dossier sur la pile des innombrables aspirations des français méprisées par l’Etat. 

Agir sur le présent pour préparer l’avenir

                                       Mai 2026

Alors que le dernier rapport gouvernemental sur les transports préconise pour l’avenir des baisses significatives des péages contestés situés sur des tronçons comprenant une part majoritaire de trajets domicile-travail, tel celui de Dourdan sur l’A10 (1), Cofiroute, concessionnaire de l’A10, a tenté d’interpréter à sa façon ce rapport en supprimant les tarifs préférentiels au péage de Dourdan pour les nouveaux usagers qui en faisaient la demande. Ce coup de force a été déjoué, mais il est révélateur des intentions du concessionnaire.

Profitant des tensions internationales, les sociétés pétrolières ne sont pas en reste pour accumuler profits et dividendes au détriment des déplacements journaliers et donc de l’économie nationale.

Un projet de loi cadre sur les transports est actuellement examiné au Sénat. Il pourrait aboutir ultérieurement à une loi de programmation sur les transports.

Les intentions gouvernementales sont déjà connues après la publication du rapport France-Ambition-France-Transports de l’an dernier (*). Les premiers débats parlementaires permettent de mieux cerner les intentions des législateurs.

Les retards pris dans les infrastructures nécessitent d’accroître sensiblement les financements. Jusque là, on peut dire qu’un certain consensus se dégage.

Où les choses se gâtent c’est évidemment de déterminer qui doit supporter l’effort à consentir.

Les usagers des transports, qu’ils soient collectifs ou individuels ainsi que les territoires vont payer l’addition. Elle sera d’autant plus lourde que l’État et les pouvoirs publics continueront à se désengager des investissements dans ce domaine. Les usagers des transports collectifs verront les tarifs augmenter régulièrement simultanément à leur privatisation. Or, les déplacements quotidiens s’effectuent pour une part importante dans le cadre des trajets domicile/travail. Il n’est pas mentionné que les employeurs participeront à l’effort collectif.

Pendant huit années encore les sociétés concessionnaires vont donc continuer à se gaver sur le dos des usagers. Ce laxisme de l’État augure très mal de l’avenir.

Si, dans la perspective des nouveaux contrats (en 2034 pour Cofiroute), des baisses tarifaires (hypothétiques) sont envisagées sur certains tronçons contestés, rien est prévu d’ici là.

Par contre, nous savons déjà que pour maintenir un haut niveau de profitabilité les tarifs des péages ne baisseront pas et que les profits seront répartis entre les dividendes et les taxes, à peu près à égalité, 2.5 milliards chacun.

Les concessions autoroutières de demain sont donc déjà façonnées pour continuer à être des machines à cash. Leurs fonctions sociales, leur place dans la desserte et l’aménagement des territoires, leur rôle structurant dans les mobilités quotidiennes, leurs nécessaires évolutions pour répondre aux enjeux environnementaux sont relégués au second plan.

On peut donc s’interroger de la pertinence de reproduire le système actuel, qui a montré son imperméabilité à l’intérêt général. Les quelques aménagements annoncés pour les futurs contrats ne l’amélioreront qu’à la marge.

Si ces choix politiques devaient être confirmés, nous demandons au minimum :

  • que les autoroutes périurbaines sortent du système concédé et soient intégrées au domaine public,
  • que les tarifications tiennent compte de l’objet des déplacements, avec des tarifs réellement préférentiels pour les trajets du quotidien, c’est-à-dire les trajets domicile-travail et domicile-études, pour l’accès aux services publics éloignés de certains territoires.

C’est aussi pourquoi nous agissons sur le présent pour préparer l’avenir.